Publié le lundi 8 janvier 2007

Genèse 4

08 01 2007

 

 

 

 

 

 

Au départ de l’histoire de la civilisation

 

 

 

Genèse 4

1  L’homme connut Eve sa femme. Elle devint enceinte, enfanta Caïn et dit: "J’ai procréé un homme, avec le SEIGNEUR."

2  Elle enfanta encore son frère Abel. Abel faisait paître les moutons, Caïn cultivait le sol.

3  A la fin de la saison, Caïn apporta au SEIGNEUR une offrande de fruits de la terre;

4  Abel apporta lui aussi des prémices de ses bêtes et leur graisse. Le SEIGNEUR tourna son regard vers Abel et son offrande,

5  mais il détourna son regard de Caïn et de son offrande. Caïn en fut très irrité et son visage fut abattu.

6  Le SEIGNEUR dit à Caïn: "Pourquoi t’irrites-tu? Et pourquoi ton visage est-il abattu?

7  Si tu agis bien, ne le relèveras-tu pas? Si tu n’agis pas bien, le péché, tapi à ta porte, te désire. Mais toi, domine-le."

8  Caïn parla à son frère Abel et, lorsqu’ils furent aux champs, Caïn attaqua son frère Abel et le tua.

9  Le SEIGNEUR dit à Caïn: "Où est ton frère Abel?" -"Je ne sais, répondit-il. Suis-je le gardien de mon frère?" —

10  "Qu’as-tu fait? reprit-il. La voix du sang de ton frère crie du sol vers moi.

11  Tu es maintenant maudit du sol qui a ouvert la bouche pour recueillir de ta main le sang de ton frère.

12  Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa force. Tu seras errant et vagabond sur la terre."

13  Caïn dit au SEIGNEUR: "Ma faute est trop lourde à porter.

14  Si tu me chasses aujourd’hui de l’étendue de ce sol, je serai caché à ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera."

15  Le SEIGNEUR lui dit: "Eh bien! Si l’on tue Caïn, il sera vengé sept fois." Le SEIGNEUR mit un signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe.

16  Caïn s’éloigna de la présence du SEIGNEUR et habita dans le pays de Nod à l’orient d’Eden.

17  Caïn connut sa femme, elle devint enceinte et enfanta Hénok. Caïn se mit à construire une ville et appela la ville du nom de son fils Hénok.

18  Irad naquit à Hénok et Irad engendra Mehouyaël; Mehiyyaël engendra Metoushaël et Metoushaël engendra Lamek.

19  Lamek prit deux femmes; l’une s’appelait Ada et l’autre Cilla.

20  Ada enfanta Yabal; ce fut lui le père de ceux qui habitent des tentes avec des troupeaux.

21  Son frère s’appelait Youbal; ce fut lui le père de tous ceux qui jouent de la cithare et du chalumeau.

22  Cilla, quant à elle, enfanta Toubal-Caïn qui aiguisait tout soc de bronze et de fer; la soeur de Toubal-Caïn était Naama.

23  Lamek dit à ses femmes: "Ada et Cilla, écoutez ma voix! Femmes de Lamek, tendez l’oreille à mon dire! Oui, j’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure.

24  Oui, Caïn sera vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix-sept fois."

25  Adam connut encore sa femme, elle enfanta un fils et le nomma Seth, "car Dieu m’a suscité une autre descendance à la place d’Abel, puisque Caïn l’a tué".

26  A Seth, lui aussi, naquit un fils qu’il appela du nom d’Enosh. On commença dès lors à invoquer Dieu sous le nom de SEIGNEUR.

 

 

Caïn ou « possession », « acquisition », Abel ou « fragilité », « volatilité ». Un « propriétaire », à l’origine du statut de sédentaire, agriculteur, fondateur de la Cité, meurtrier d’un éleveur, donc nomade, au statut fragile comme son nom.

 

Ainsi commencent les choses. Et Dieu n’agrée pas, dès le départ, celui dont naîtra la civilisation — urbaine (pléonasme ?) — et qui en conçoit le meurtre de son frère qui connaît par son statut sa dépendance de Dieu (son offrande agréée du fait de sa foi — fait de précarité, de dépendance —, selon Héb 11). Agréé Abel ? Quoique : cet agrément n’a pas protégé sa vie et n’en a pas fait un fondateur d’avenir…

 

Notons en passant que Caïn exilé trouve dans son lieu d’exil des femmes et suffisamment de monde pour fonder une ville : le texte biblique n’a pas pour propos de nous dire une origine paléontologique des êtres humains — mais une origine « principielle » : « au commencement » = « au principe » — Adam signifiant « l’Humanité », Ève, « la Vivifiante » et Caïn « l’installation », « l’enracinement ». Bref l’histoire commence, elle s’enracine là, avec Caïn : et elle commence mal !

 

Et ce n’est pas brillant non plus pour le « remplaçant » d’Abel, Seth, si l’on en croit l’exégèse juive : le commencement de l’invocation du nom imprononçable (v. 26) ne signifie rien d’autre que la naissance de l’idolâtrie !

 

« Béni soit le SEIGNEUR, car sa fidélité a fait pour moi un miracle dans une ville retranchée.

Et moi, désemparé, je disais: "Je suis exclu de ta vue." Mais tu as entendu ma voix suppliante quand j’ai crié vers toi.

Aimez le SEIGNEUR, vous tous ses fidèles! Le SEIGNEUR préserve les croyants, mais à l’arrogant, il rend avec usure.

Soyez forts et prenez courage, vous tous qui espérez dans le SEIGNEUR! » (Psaume 31, 21-25)