Publié le samedi 6 janvier 2007

Genèse 3

06 01 2007

 

 

 

 

 

 

D’où vient le mal ?

 

 

 

Genèse 3

1  Or le serpent était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le SEIGNEUR Dieu avait faites. Il dit à la femme: "Vraiment! Dieu vous a dit: Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin…"

2  La femme répondit au serpent: "Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin,

3  mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas afin de ne pas mourir.

4  Le serpent dit à la femme: "Non, vous ne mourrez pas,

5  mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais."

6  La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder, précieux pour agir avec clairvoyance. Elle en prit un fruit dont elle mangea, elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il en mangea.

7  Leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus. Ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes.

8  Or ils entendirent la voix du SEIGNEUR Dieu qui se promenait dans le jardin au souffle du jour. L’homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu au milieu des arbres du jardin.

9  Le SEIGNEUR Dieu appela l’homme et lui dit: "Où es-tu?"

10  Il répondit: "J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur car j’étais nu, et je me suis caché." —

11  "Qui t’a révélé, dit-il, que tu étais nu? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais prescrit de ne pas manger?"

12  L’homme répondit: "La femme que tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé."

13  Le SEIGNEUR Dieu dit à la femme: "Qu’as-tu fait là?" La femme répondit: "Le serpent m’a trompée et j’ai mangé."

14  Le SEIGNEUR Dieu dit au serpent: "Parce que tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.

15  Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon."

16  Il dit à la femme: "Je ferai qu’enceinte, tu sois dans de grandes souffrances; c’est péniblement que tu enfanteras des fils. Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera."

17  Il dit à Adam: "Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie,

18  il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs.

19  A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras."

20  L’homme appela sa femme du nom d’Eve, c’est-à-dire La Vivante, car c’est elle qui a été la mère de tout vivant.

21  Le SEIGNEUR Dieu fit pour Adam et sa femme des tuniques de peau dont il les revêtit.

22  Le SEIGNEUR Dieu dit: "Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. Maintenant, qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre à jamais!"

23  Le SEIGNEUR Dieu l’expulsa du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été pris.

24  Ayant chassé l’homme, il posta les chérubins à l’orient du jardin d’Eden avec la flamme de l’épée foudroyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.

 

 

Le mal, figuré par le serpent, souvent figure des divinités dans les religions environnant l’Israël ancien, le mal provient de la réalité chaotique, non encore ordonnée, qui entoure le jardin. En quelque sorte des premiers essais non satisfaisants de la création et de la mise en ordre.

 

Une difficulté terrible apparaît en même temps que cette figure du mal déjà présent quelque part. La difficulté  de la question de sa provenance, précisément. Difficulté d’autant plus terrible que le mal est intense. Et l’Histoire ne cesse de le montrer chaque jour plus intense. D’où vient ce mal présent dans les champs qui entourent le jardin ? À cette question insoluble, on a avancé plusieurs esquisses de réponses. Depuis le dualisme le plus typé, qui place une réalité mauvaise faisant éternellement face à Dieu, jusqu’à la conception inverse qui en vient à placer le mal en Dieu. Entre les deux, des développements célèbres.

 

Le mal s’infiltre entre Adam et Ève, séparés pour se rencontrer. Avant la séparation, l’ordre de l’interdit est donné, l’interdit qui toujours structure, fait grandir. Mais l’ordre est donné au moment de l’unité, avant la séparation entre homme et femme. Une fois la séparation intervenue, ce mal venu d’on ne sait où, trouve à s’infiltrer.

 

« Oui, je proclame ma faute et je m’effraie de mon péché.

Mes ennemis, pleins de vie, sont puissants; ils sont nombreux, ceux qui me haïssent injustement.

Ceux qui me rendent le mal pour le bien m’accusent pour le bien que je poursuivais.

SEIGNEUR, ne m’abandonne pas. Mon Dieu, ne reste pas si loin.

Vite! A l’aide! toi, Seigneur, mon salut! » (Psaume 38, 18-22)